• De la maternelle au lycée...

Jérôme, en introduction, rappelle qu’il a écrit, il y a quelques années, un mémoire sur « l’école en danger » qui est plus que jamais d’actualité. Il rappelle également que les problèmes que rencontre l’école aujourd’hui ne sont pas qu’une question de moyens.

Un directeur d’une école primaire, en poste depuis 5 ans, a le sentiment que les parents manquent de confiance dans l’institution scolaire.

Jérôme rappelle que les parents et les élus sont des partenaires de l’école. Il faut faire prendre conscience que l’école, c’est l’école de tous, pas seulement celle des enseignants et des élèves.
Pour Darcos, l’école de la République est l’école de l’échec.

Jeff : L’école est perçue comme permettant d’avoir un travail. Or avec le taux de chômage actuel, l’école est vécue par beaucoup comme un échec. L’école doit donner des valeurs, les moyens de vivre  dans une communauté et non pas être un organisme de formation professionnelle.

Depuis deux ans, le gouvernement entreprend une entreprise de démolition de l’école. De plus, les parents ne s’occupent que de leur enfant, le reste ne les intéresse pas. Il faut arrêter de dénigrer l’école.

Jérôme évoque les évaluations imposées en CM2 qui doivent évaluer des connaissances pas encore abordées, avec un système de notation très dur concernant l’orthographe. Les résultats attendus sont catastrophiques. Le gouvernement donne une prime de 400 euros aux enseignants de CM2 pour leur faire accepter ce test !!!

Un enseignant dénonce les évaluations qui se multiplient  à tout stade et incitent donc les enseignants au bachotage pour préparer leurs élèves à ces examens au lieu de les ouvrir au vivre ensemble.

Antoine, enseignant d’histoire géographie en collège, affirme que l’école est un dommage collatéral de la politique de Sarkozy et que les évaluations de Cm2 visent à prouver que Sarkozy a raison en affirmant que les élèves de 6eme ont des lacunes de lectures et d’écriture.

Un autre enseignant revient sur la suppression du samedi matin qui réduit le nombre d’heures d’enseignement et qui s’est faite sans aucune concertation avec les enseignants, les parents d’élèves et les élus. C’est un mauvais rythme pour les élèves.

Problème du soutien qui stigmatise les moins bons élèves même si cela leur est favorable. Cela permet à Sarkozy d’affirmer qu’enfin on aide les élèves en difficulté.
Ce soutien a des effets pervers : il désorganise les services de restauration, car pris sur les temps du déjeuner. De plus, les élèves en grande difficulté ne peuvent être aidés par ce soutien et les enseignants n’osent plus proposer l’aide spécialisée aux parents.

Romain, professeur d’histoire dans un collège de Chécy, pose un certain nombre de "questions tabou" :

- Comment réinvestir les parents aux cotés des enfants car on ne peut rien faire sans les familles ?
- Comment gérer les enfants en difficulté, dans le système scolaire actuel ?
- Que faire de l’enseignement primaire ?
- Faut-il revenir exclusivement aux enseignements fondamentaux ?
- Que faire avec les enfants démotivés pour qui le soutien ne fonctionne pas ?

Le maire de la Ferté Saint-Aubin évoque la méthode du gouvernement pour casser les services publics : d’abord on enlève les moyens, ensuite on constate que cela ne marche plus et on transfère les compétences au privé.

Il n’est pas opposé au transfert des IUFM à l’Université mais cela ne doit pas se faire au détriment de la formation professionnelle de l’enseignant. La masterisation va conduire a 5 années de formation disciplinaire sans formation professionnelle réelle avant que l’enseignant soit confronté à une classe.

Pour Dominique, enseignant au lycée, il y a un décalage entre les programmes et la motivation des élèves. Il subissent les enseignements. Il faut une vraie réflexion sur le lycée de demain, ses objectifs.

Un enseignant d’histoire en classe préparatoire se demande pourquoi les enseignants se sont détournés du PS ?

Pour Jean-Pierre Sueur, le divorce entre les enseignants et le PS date du conflit ouvert avec Allègre. Son mépris à l’égard des enseignants a entraîné une vraie désaffection des enseignants et un traumatisme profond.

JP Sueur n’est pas non plus choqué par la formation des enseignants à l’université mais il faut une vraie formation professionnelle en associant des maîtres expérimentés de tous niveaux. Il faut donc faire entrer dans l’université des professeurs pour assurer cette formation professionnelle.

Pour un ancien enseignant, l’hétérogénéité des élèves rend difficile la personnalisation des pratiques. On a démocratisé l’enseignement sans atteindre les objectifs de la différenciation, de la personnalisation des enseignements.

Il ne faut pas oublier les jeunes des voies professionnelles et technologiques car il y aurait moins d’échecs si on poussait un certain nombre d’élèves dans ces voies.

JP Sueur revient sur les ZEP votées sous Savary. Il reconnaît que ce système entraîne une ségrégation. La réponse doit être urbaine pour mettre fin à ces zonages.
Il revient également sur l’évolution du discours du PS sur l’apprentissage. Ignoré il y a 25 ans,  toutes les régions gérées par la gauche font aujourd’hui de l’apprentissage une voie d’excellence en y investissant beaucoup de moyens.

Un professeur d’histoire au Grand Clos à Montargis, dénonce les problèmes de discipline qui rendent le collège invivable et de l’enseignement différencié qui est impossible.

Pour un mère d’élève, il faut faire accepter aux parents la possibilité du redoublement jusqu’en terminale.

Un maçon souligne le problème de l’orientation au collège et au lycée.

Un autre enseignant soulève deux idées :

- il faut trouver un équilibre entre l’apprentissage du vivre ensemble en communauté et la nécessité de former les élèves  à des métiers en liaison avec le monde professionnel.

- il faut faire à tous les niveaux une éducation à la parentalité pour préparer les futurs parents à leur rôle.

Un enseignant de lycée agricole invite à ne pas oublier l’enseignement agricole, parent pauvre de l’éducation, que l’on prive de plus en plus de ses moyens pour assurer un enseignement de qualité, au profit de l’enseignement privé qui bénéfice de rallonges budgétaires. C’est l’avenir de l’enseignement agricole public qui est menacé.

Les débatteurs intéressés pour participer à la Commission Départementale sur l'avenir de l'Education, sont invités à se faire connaître...


  • Formation post baccalauréat et enseignement supérieur et formation tout au long de la vie

Les participants ont souhaité axer leurs travaux sur la recherche de propositions dans 2 domaines.

1- Enseignement supérieur et post-bac

Le constat est le suivant : on accède à l’université par défaut le plus souvent, car c’est le lieu de formation le moins sélectif par le nombre et le niveau.
L’objectif de la gauche d’amener 50 % d’une tranche d’âge au baccalauréat a conduit beaucoup de jeunes issus de bac pro à entrer à l’université, l’accès aux BTS, leur étant refusé.

La question du soutien aux étudiants démunis est posée.

La question de l’orientation des jeunes bacheliers est cruciale pour ceux dont le réseau familial est plus limité. La multiplication des masters a obscurci l’accès à ces formations.

Sont évoquées : les conditions de vie, dont le logement, les ressources, la santé. L’allocation d’autonomie prévue dans le programme du PS ne réglera pas tout.

Sont ensuite évoquées les questions d’actualité : les statuts des enseignants chercheurs, la suppression de la formation pédagogique pour les enseignants, l'autonomie des universités et l’entrée de fonds privés pour leur financement, la désaffection des formations scientifiques inquiétante pour l’avenir.


2- Formation tout au long de la vie

Le constat est partagé que la formation tout au long de la vie reproduit le système inégalitaire de l’accès à l’enseignement supérieur. Les ouvriers et employés sont peu bénéficiaires des droits à la formation.

Les lois se sont succédées et sont obscures pour la plupart des salariés en terme de connaissance de leurs droits. Le rôle des DRH et des organisations syndicales est très important pour orienter et motiver.

L’intérêt de la VAE est particulièrement souligné.

Les participants au débat pensent que la formation professionnelle doit permettre une évolution positive dans la convention collective pour étayer la motivation. L’accompagnement social est également essentiel.

La question de l’offre publique/offre privée est abordée avec la référence au sous ensemble associatif et l’engagement des bénévoles.

On cite le fait que le pôle emploi a lancé un appel d’offre sur l’offre d’insertion. C’est un acteur du secteur privé marchand qui a été choisi ce qui est très difficile pour le secteur associatif.

L’accord cadre régional est important et demande une mobilisation syndicale forte pour le faire connaître.

Les entretiens individuels sont des outils d’évaluation à la disposition de l’entreprise mais il est important de souligner que c’est l’occasion pour le salarié d’accéder à une autre formation avec un autre avenir.

Dans les entreprises de plus de 50 salariés, il y a des CE avec des commissions économie et formation. Les élus sont formés les droits sont connus dans les PME, les mentalités peuvent être changées.

Beaucoup d’entreprises et d’établissements publics ont intérêt à ce que leurs salariés soient qualifiés pour mieux remplir leurs missions. Ce qui fait parfois de la formation un outil de management un peu pervers.

Il ne faut pas oublier les 2 volets de la formation. La formation est importante pour le salarié lui-même qui se forme et aussi pour l’entreprise (et pas seulement en terme de rentabilité).

Conclusion : ce groupe poursuivra son travail avec ceux qui se sont inscrits le jour même et ultérieurement.